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Retrospective 2016

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France Massy
La montée en gamme des vins suisses commence – enfin – à taper dans l’œil des médias étrangers spécialisés. Et la promotion voit ses moyens augmenter. Les voyants sont au vert. 

Fatigués mais heureux. Les vignerons-encaveurs valaisans ont eu une longue année. Fatigués par des vendanges qui n’en finissaient pas à cause de maturités contrastées des cépages selon leur situation dans le vignoble. Fatigués par une vigilance quotidienne, indispensable pour parer aux attaques du mildiou, de la suzukii – la bestiole est désormais installée en Valais, il faut l’avoir à l’œil – et autres menaces naturelles, dont la flavescence dorée qui vient d’être repérée dans certaines vignes.

Fatigués mais heureux. Heureux parce que, après trois, voire quatre années de petites récoltes, ils ont encavé 52,2 millions de kilos de raisins. Soit 7,5% de plus que la moyenne décennale. Un cadeau tombé du ciel pour remplir des caves aux stocks quasi vides. Heureux encore parce qu’au moment des vendanges, l’état sanitaire irréprochable (pour qui avait veillé au grain) a permis de récolter des raisins de premier choix. Heureux surtout car les premières dégustations révèlent des vins tout en finesse et en fraîcheur.

Des moyens pour la promotion

«Quand le vin est tiré, il faut le boire» dit le proverbe. Il faut surtout le vendre. Au bon prix. En lui donnant la valeur ajoutée qu’il mérite. La montée en gamme des vins suisses commence – enfin – à taper dans l’œil des médias étrangers spécialisés. Lors d’une récente dégustation «Le Wine Advocate - Robert Parker» a testé une série de vins suisses. Sur 124 vins dégustés, 67 ont obtenu 90 points et plus. Parmi eux, une vingtaine de vins du Valais. Marie-Thérèse Chappaz en tête, dont le Grain par Grain petite arvine 2014 décroche 96,07 points sur 100. Jean-René Germanier, Denis Mercier, Claudy Clavien, John et Mike Favre, Didier Joris, Maurice Zufferey, le Domaine Cornulus... Notre vignoble est bien représenté. Dans le même temps, la revue «Decanter» consacre elle aussi un article aux vins suisses. On y retrouve Marie-Thérèse Chappaz, Simon Maye, Jean-René Germanier et Joseph et Mario Chanton. Et les journalistes ont encore de quoi faire. Les talents ne manquent pas dans la viticulture valaisanne. Au- delà des grands classiques se cachent des pépites que la promotion se doit de faire connaître.

Ça tombe bien. La branche vient d’accepter d’augmenter ses redevances. L’Interprofession de la vigne et du vin aura de quoi relever le défi. Une stratégie d’envergure contemporaine et cohérente doit être pensée sur le long terme. Car la reconnaissance des vins suisses signifie aussi un intérêt du consommateur pour les vins des autres régions viticoles ainsi qu’une présence accrue des crus régionaux sur les cartes des restaurants. Alors que jusqu’ici, en Suisse alémanique notamment, les vins italiens avaient la vedette, des vins schaffhousois, genevois et bien sûr grisons fleurissent aujourd’hui sur les menus. On s’en réjouit.

N’empêche que les places deviennent chères. Les vins du Valais doivent se positionner clairement comme ceux d’un pays de cocagne, symboles d’une typicité unique. Le Valais veut devenir la destination gourmande préférée des Suisses, nos vins doivent être le plus bel atout.